Sentiers

En 2001, Christophe Danaux, ex-assistant social, cherche sa voie hors des sentiers battus. À la fin de sa formation d’éco-conseiller, il réalise un inventaire des petites voiries de son village, et constate qu’il existe très peu d’informations sur internet concernant la législation qui s’applique aux chemins et sentiers publics… Il décide de mettre en ligne le résultat de ses recherches. Le site web rencontre rapidement du succès, et dès cette année-là, l’asbl « Chemins et sentiers de la vallée de l’Eau-d’Heure » prend son envol. Après plusieurs décennies de délaissement au profit de l’auto, les sentiers et chemins regagnent à l’époque de l’intérêt aux yeux de ceux qui y voient un des moyens de résoudre des problèmes de mobilité croissants. « Ce que nous défendons aussi, depuis nos débuts, c’est que ce moyen de mobilité douce permet d’intégrer dans l’aménagement du territoire toute une série d’autres problématiques, comme la place de la biodiversité, l’accès au patrimoine naturel et paysager… Progressivement, cette réflexion a percolé au niveau citoyen et politique. »

Visionnaires, la Commune de Walcourt et un groupe de bénévoles mettent en place, toujours en 2001, un projet pilote de liaisons inter-villages baptisé « Transwal ». L’association leur vient en aide. « Ce travail n’a pas toujours été facile car il y avait des sentiers à réhabiliter. On s’est alors parfois heurtés à des intérêts privés. Mais la demande de mobilité douce était réelle, et la collaboration constructive avec la Division Nature et Forêt et les services techniques provinciaux nous a permis de mettre beaucoup de choses en place. On a appliqué cette dynamique systématiquement dans les projets ultérieurs. »

Dès 2004, le projet de liaisons inter-villages est étendu aux entités de Cerfontaine, Florennes et Gerpinnes dans le cadre du Groupe d’Action Local de l’entre-Sambre-et-Meuse. L’objectif devient encore plus ambitieux : il s’agit de créer 117 liaisons pour relier 46 villages et hameaux, soit plus de 350 km de chemins et sentiers de promenade ! « Ce travail titanesque a duré 4 ans. L’inventaire complet d’un réseau de sentiers publics à aussi large échelle constituait une véritable innovation. On a créé une signalétique qui a été reprise ensuite par le Commissariat Général au Tourisme pour le balisage. »

Le champ d’actions de l’association, rebaptisée « Sentiers.be », n’a cessé ensuite de s’étendre : multipliant les expériences dans d’autres régions comme le Parc Naturel de la vallée de l’Attert ou une série de communes mosanes, l’asbl est devenue, au fil des années, la référence wallonne de la création de réseaux de liaisons lentes. En 2011, Sentiers.be s’est aussi investie avec d’autres associations dans un travail de lobbying qui a abouti à une belle victoire : la suppression de la prescription trentenaire extinctive, cet article 12 de la loi vicinale de 1841 selon laquelle les chemins publics non utilisés depuis 30 ans pouvaient être privatisés. « Après avoir intégré ensuite le groupe de travail chargé de rédiger le nouveau décret sur les voiries, le gros enjeu sur lequel nous travaillons aujourd’hui, c’est la réactualisation des Atlas vicinaux. À l’époque de leur création au XIXe siècle, il s’agissait du premier plan de mobilité moderne au monde ! Si on arrive à créer un nouvel atlas numérique, la Belgique sera à nouveau à la pointe dans ce domaine ! »

 

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Christophe Danaux

Catégorie: Toute l’histoire

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