Ressources

Depuis que le tri des déchets est entré dans les moeurs en Belgique, les filières de revalorisation de ceux-ci ne cessent de se développer. À côté du recyclage, des entreprises d’économie sociale ont développé au cours des dernières décennies une véritable expertise dans le domaine du réemploi. Ces structures reçoivent, collectent, trient, réparent, recyclent et revendent, des produits auxquels elles redonnent vie. Leur développement a pu connaître un nouveau cap depuis la création de leur fédération, de l’asbl Ressources, en 1999. « En représentant auprès des autorités régionales la soixantaine de membres de notre réseau actifs en Wallonie et sur la région de Bruxelles-Capitale, on a pu obtenir une meilleure reconnaissance de leur travail », souligne Cécile Patris, directrice de la Fédération Ressources. « Les entreprises que nous représentons ont pu recevoir leurs agréments d’opérateurs de déchets depuis 2005 en région Bruxelloise et 2009 en région wallonne. »

Alors que la directive-cadre européenne sur les déchets a fait du réemploi une priorité avant le recyclage et l’incinération, cette évolution a eu plusieurs répercussions positives… « Le premier enjeu de cette reconnaissance était d’arriver à capter les gisements de tous les objets potentiellement réutilisables qui ne l’étaient pas et partaient soit en recyclage soit à l’incinération. » Certaines catégories d’objets comme les textile, les encombrants, et les équipements électriques et électroniques, sont présentes depuis longtemps dans le monde de la seconde main. Mais depuis quelques années, le réemploi s’est aussi élargi, petit à petit, à d’autres catégories d’objets comme les vélos ou les déchets de construction…« En nous faisant connaître auprès d’instances telles que les agences locales ou régionales de propreté, les fédérations d’entreprises ou les communes, on met en place des collaborations qui permettent d’améliorer l’accès aux gisements de ces biens réutilisables. »

Le secteur a ainsi pu continuer à progresser en tant que moteur de développement local, car en plus d’être meilleur pour l’environnement, le réemploi représente aussi une source d’emplois importante : avec 150.000 tonnes de biens traitées annuellement, dont 36.000 tonnes revalorisées dans 200 magasins de seconde main ou autres points de vente, les 60 membres fournissent 4.600 emplois en Wallonie et à Bruxelles. C’est d’autant plus appréciable qu’il s’agit d’emplois accessibles à public faiblement qualifié. « Cela permet souvent à toute une famille de retrouver une dignité. Un objectif qui se trouve au coeur des préoccupations de l’ensemble des acteurs de Ressources, dont la finalité sociale est l’autre particularité commune. »

Malgré une croissance constante de l’emploi qu’elle a fourni au cours des dernières années, la Fédération Ressources s’inquiète néanmoins du flou dans lequel la régionalisation de l’aide à l’emploi l’a plongé : « De plus, certains considèrent encore que les subsides que nous recevons constituent une forme de concurrence déloyale. Pourtant, ces aides ne font que rétribuer des services offerts à la communauté, comme la formation par le travail, ou la remise à l’emploi de personnes éloignées du marché du travail et donc à faible productivité. En conjuguant économie sociale et économie circulaire, nos entreprises mettent leur intelligence collective au service de la collectivité ! »


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© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Cécile Patris

Catégorie: Toute l’histoire

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