Objectif zéro pesticides

Au cours des années 2000, on prend conscience des impacts sanitaires et environnementaux de l’utilisation excessive des pesticides. Le rapport analytique sur l’état de l’environnement wallon 2006-2007 mentionne que plus d’un tiers des 3.000 tonnes de produits phytosanitaires répandus sur le territoire chaque année sont utilisés par des particuliers et des communes qui s’exposent à des dangers. C’est dans ce contexte que naît, en 2008, la première Semaine Sans Pesticides de Wallonie. « L’initiative avait été lancée dès 2005 en France par l’association Générations Futures », se souvient Isabelle Bourge, coordinatrice du projet au sein de l’asbl Adalia. « Depuis 2001, notre association travaillait toute l’année sur la réduction de l’utilisation des pesticides. Alors qu’on s’était rendus compte que les particuliers pouvaient utiliser des quantités jusqu’à 10 fois supérieures aux quantités nécessaires par surface, cette campagne de communication nous semblait un excellent moyen d’expliquer à un large public qu’il est tout à fait possible de se passer de pesticides. »

En s’adressant à ce public, Adalia a donc vu dans la Semaine Sans Pesticides l’opportunité d’amorcer un changement de mentalité en profondeur de la société. Chaque année, au printemps, la campagne s’étend en réalité sur 10 jours durant lesquels des actions ou des événements sont organisés par ceux qui ont mis des choses en place à leur niveau pour se passer de pesticides : il peut aussi bien s’agir d’un jardinier amateur qui ouvre son jardin, que d’une une école qui organise un petit déjeuner à base de produits bio, ou d’une commune qui met en avant sa gestion écologique des espaces verts. « Le nombre d’acteurs engagés dans l’événement s’est stabilisé autour de la centaine, mais la proportion de services publics impliqués a augmenté au fil des années. Ils ont envie et besoin de montrer aux citoyens ce qu’ils font pour limiter les pesticides car c’est là que réside un des enjeux actuels : il reste encore des gens à convaincre ! »

Depuis juin 2014, le Plan wallon de Réduction des pesticides interdit l’utilisation de produits sanitaires pour l’entretien des espaces publics. Il est donc plus important que jamais pour les communes et services publics de pouvoir faire comprendre qu’une pelouse de parc peut avantageusement ne plus être traitée au désherbant et devenir une prairie fleurie, et que les allées de cimetière vont devenir plus vertes sans pour autant être mal entretenues. L’autre défi reste de pouvoir aider les gens à passer à l’action. « Quand on est confronté à un rosier envahi de pucerons, ou que le potager est attaqué par des limaces, on a souvent le réflexe de recourir aux produits phytosanitaires parce qu’on ne connait pas bien les alternatives. Ce sont pour la plupart des astuces de grand-mère qu’il faut tester. Il faut en discuter autour de soi. C’est ça aussi, la Semaine Sans Pesticides : rassembler les gens pour que cette réflexion puisse donner lieu à un échange citoyen. » Adalia se réjouit pour cela d’une de ses victoires les plus récentes : en 2016, la Semaine Sans Pesticides devient le Printemps Sans Pesticides. « Etaler les actions sur 3 mois est une bonne chose car il reste encore du travail pour faire accepter dans certains milieux qu’il faut aller vers une gestion plus naturelle et que si la notion de propreté change, c’est pour le bien de notre environnement et de notre santé. »

 

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Isabelle Bourge

Catégorie: Toute l’histoire

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