Manifeste de l’Eau

En 1998, le Manifeste de l’Eau, issu de la réflexion d’un comité initié par Riccardo Petrella, plaide pour que l’eau soit défendue par les citoyens comme un bien public. C’est dans ce contexte qu’est né le concept de parlement des jeunes pour l’eau. L’association GREEN, devenue GoodPlanet Belgium depuis 2013, en a été une des chevilles ouvrières. Jo Van Cauwenberge, co-fondateur et aujourd’hui directeur de l’association se souvient de la genèse de ce projet. « Pour alimenter la réflexion autour du thème de l’eau, Riccardo Petrella avait réuni une quinzaine de personnes de nationalités différentes qui avaient toutes en commun d’être déjà mobilisées, chacune à leur façon, autour des enjeux de l’eau. Au sein de GREEN, qui signifie Global Rivers Environmental Education Network Belgium, nous avions développé un programme d’éducation autour des rivières. Ensemble, on a réfléchi à ce qui pourrait être entrepris pour sortir l’eau de sa dimension purement environnementale et mettre la question des droits liés à l’eau au cœur des débats des citoyens. C’est comme ça qu’est née l’idée de créer un parlement de l’eau avec des jeunes. »

Avec Raymond Jost, fondateur du Secrétariat international de l’eau, l’association se lance dès ce moment dans la concrétisation de ce projet. En mai 1998, le concept est peaufiné avec des jeunes européens au cours du Festival H2O de Besse en France. Puis dès l’été 1999, le premier Parlement Européen de la Jeunesse pour l’Eau est organisé à Espalion, dans l’Aveyron. « 80 jeunes issus d’une quinzaine de pays s’y sont retrouvés pendant une semaine, pour débattre entre eux et écrire leur propre manifeste de l’eau. Les jeunes ont aussi rencontré des parlementaires européens et des personnes en charge de l’élaboration des directives sur l’eau au sein de la Commission européenne. L’objectif était de tenter d’orienter la politique de l’eau dans la direction d’une reconnaissance du droit individuel et collectif à l’accès à l’eau potable et l’eau à usage plus général. »

Depuis cette première expérience, les parlements des jeunes pour l’eau se sont multipliés, non seulement au niveau européen, mais aussi ailleurs dans le monde, parfois à une échelle plus régionale. « Dans certains cas, les parlements des jeunes pour l’eau se sont organisés par bassin. Le Parlement des jeunes citoyens de l’Escaut, par exemple, regroupe des jeunes du nord de la France, d’une grande partie de la Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, mais aussi des Pays-Bas. Le même type d’outil a aussi été mis en oeuvre, malgré les tensions, entre le Mexique et les États-Unis. Ces initiatives ont un intérêt particulier à nos yeux car elles montrent la nécessité de dépasser les frontières et de créer du lien pour gérer l’eau durablement. »

Lentement mais sûrement, des jeunes du monde entier ont participé à une prise de conscience qui a mené à la reconnaissance du droit individuel et collectif à l’accès à l’eau potable. « Aujourd’hui, le défi est de remettre la question de l’eau au coeur des débats. Dans des pays comme la Belgique, où l’eau est très accessible et de bonne qualité, c’est un vrai challenge car beaucoup de gens ne se sentent pas concernés. Progresser dans la gestion de l’eau reste pourtant une nécessité ici aussi : les effets du réchauffement climatique, plus visibles ailleurs dans le monde, peuvent avoir des répercussions chez nous ! »

 

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Jo van Cauwenberge

Catégorie: Toute l’histoire

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