Les éco-conseillers, ces pionniers

En 1988, le métier d’éco-conseiller n’existe pas encore en Belgique. Il émerge pourtant déjà en France et en Allemagne, suite au besoin d’une meilleure prise en compte de l’environnement dans le développement de la société. Avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, l’Institut Eco-Conseil de la Communauté Française de Belgique est créé en 1989. Issue de sa seconde promotion d’éco-conseillers, Michèle Mulders est l’actuelle Présidente de son Conseil d’administration. « En 26 ans, l’Institut Eco-Conseil a formé environ 700 éco-conseillers. Les premiers étaient de véritables pionniers, car il fallait faire connaître ce nouveau métier. » À cette fin, les éco-conseillers se sont regroupés dans un réseau devenu depuis lors l’Association belge des Eco-conseillers et Conseillers en Environnement. Pour mettre en place cette reconnaissance professionnelle, l’Institut a aussi pu compter sur d’autres partenaires tels que les organisations patronales et syndicales, les fédérations d’associations, les universités, ou le FOREM, qui a tout de suite vu dans cette formation une opportunité de mise à l’emploi de personnes déjà hautement qualifiées. « Pour accéder à cette formation, il faut être détenteur d’un master ou d’un baccalauréat. Sur la trentaine de personnes formées chaque année, hormis quelques personnes qui souhaitent réorienter leur carrière, la plupart sont des demandeurs d’emploi. Or, dans les 2 ans qui suivent l’obtention du certificat, le taux d’emploi atteint 80 %. »

Dix ans après la naissance de l’Institut Eco-Conseil, de nombreuses communes avaient saisi l’intérêt d’engager un éco-conseiller. Les services administratifs étaient en effet confrontés à cette époque à un nombre croissant de questions en lien avec l’environnement dans des matières aussi diverses que l’urbanisme, l’aménagement du territoire, ou la gestion des déchets. Mais les généralistes de l’environnement que sont les éco-conseillers ont aussi été appréciés grâce à la façon innovante de travailler qu’ils apportent, acquise par leur formation pluridisciplinaire. « Il y a 20 ans, chaque service travaillait en circuit fermé. L’approche décloisonnée et transversale des éco-conseillers a rencontré un peu de résistance au départ, mais on a rapidement compris son intérêt. Aujourd’hui, plus de 60 % des Communes en région bruxelloise et en région wallonne emploient un éco-conseiller ou un conseiller en environnement. Mais le métier ne se cantonne pas au secteur public : on le retrouve aussi désormais dans le secteur associatif et dans le secteur privé. »

La profession d’éco-conseiller demande de pouvoir s’adapter en souplesse à chaque nouvel enjeu pour y répondre de façon efficace. Dans cette dynamique de créativité constante, le métier évolue sans cesse. Adapter la formation aux réalités de terrain est aussi un challenge permanent. « Il y a 20 ans, un des thèmes-clés était la gestion des déchets. On travaille encore sur cette matière mais d’autres domaines de compétences sont apparus depuis lors, comme le développement durable au sein d’un quartier, les clauses environnementales et sociales dans les marchés publics, l’éco-construction, ou l’accompagnement de projets citoyens. Les matières évoluent mais les motivations de ceux qui se lancent dans ce métier n’ont pas fondamentalement changé : il y a toujours cette envie d’être vraiment actif pour le développement durable ! »

 

 

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Michèle Mulders

Catégorie: Toute l’histoire

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