Etat d’urgence pour un développement durable

« Développement durable ». Le terme est aujourd’hui entré dans le langage courant. Il a pourtant moins de trente ans. C’est en 1987 qu’il a été mentionné pour la première fois dans le rapport Brundtland, rédigé par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations Unies.

Dans la foulée de ce rapport qui fera date, le Sommet de la Terre de Rio de 1992 avait pour ambition de jeter les bases d’un nouveau mode de développement au niveau planétaire qui redéfinisse le progrès économique en y intégrant d’une part la limitation des ressources naturelles et les dégâts du progrès, et d’autre part la justice sociale et l’équité entre les peuples. « La grande nouveauté, se souvient Jean-Luc Roland, alors Secrétaire général de la Fédération Inter-Environnement Wallonie, c’était qu’enfin des instances officielles et internationales reconnaissaient l’interaction étroite entre la préoccupation environnementale et la question du développement. La défense de l’environnement cessait d’être un combat, certes sympathique mais sectoriel, pour devenir un enjeu global qui interpellait tout notre mode de développement. »

Comme de nombreuses autres organisations aux quatre coins du monde, IEW a voulu saisir cette formidable opportunité en mobilisant autour de ces enjeux cruciaux. Pour sensibiliser l’opinion et interpeller les pouvoirs publics, la fédération a pris l’initiative de réunir, pendant les 12 mois précédant le Sommet de Rio, 25 grandes associations francophones autour de la campagne « Etat d’urgence pour un développement durable. » Ce partenariat avec des organisations aussi diverses que la Ligue des Familles, le CRIOC, le CNCD 11.11.11, les Magasins du Monde OXFAM, Vie Féminine et les Femmes prévoyantes socialistes était une première : cette diversité des parties prenantes, voulue par IEW, était destinée à lancer un processus de réflexion transversal tout à fait inédit. Celui-ci s’est articulé autour de sept assemblées thématiques sur des questions telles que la mobilité, les droits de l’homme, l’énergie, les déchets, l’eau… « Cette mobilisation de la société civile nous a permis de rédiger un Livre Blanc que nous avons remis aux différents gouvernements de Belgique qui se rendaient au Sommet de Rio. Ce travail a également contribué à l’élaboration d’un mémorandum à l’intention des associations qui se rendaient elles aussi sur place. »

La campagne « Etat d’Urgence » a aussi mobilisé le grand public. Les citoyens ont été invités à s’engager non seulement en signant une
pétition, mais aussi en s’engageant personnellement par des gestes concrets visant à diminuer la pollution, éviter le gaspillage des ressources, consommer dans le respect des populations du Sud… Les cartes postales signées de ces engagements étaient destinées à fleurir un « arbre de vie » dans le hall du sommet brésilien. Mais avant cela, le 30 mai 1992, au cours d’une « journée pour un seul monde », les 17.000 signatures récoltées en Belgique ont été acheminées à Bruxelles où les parrains de l’opération nationale, Arlette Vincent et Philippe Geluck, les ont remises aux responsables gouvernementaux en partance pour Rio. «
Cette mobilisation a été une première du genre et un tournant décisif dans la prise de conscience du développement durable dans les secteurs les plus divers de la société civile. »

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Jean-Luc Roland

Catégorie: Toute l’histoire

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