Pionniers de l’économie verte

« Un groupe d’amis pour une planète » : à l’origine de la création de Groupe One, en 1997, d’anciens travailleurs humanitaires veulent agir pour l’environnement. Ensemble, ils ont décidé d’emprunter une voie encore peu pratiquée alors : celle du secteur socio-économique. « À l’époque, il n’y avait pas de fonds publics pour travailler sur l’économie verte. Par contre, il y avait des aides à l’emploi. L’association a d’abord saisi cette opportunité de travailler sur la revitalisation économique d’un quartier de Bruxelles mal en point, en accompagnant la création d’entreprises. C’est ce qui lui a permis, ensuite, d’intégrer à ce travail l’aspect de la responsabilité sociétale des entreprises. » Pour Caroline Bini, aujourd’hui co-Directrice de Groupe One, l’enjeu reste d’intégrer subtilement les enjeux environnementaux au travers de ce pilier économique : « Notre conviction, c’est qu’il est possible de concilier entrepreneuriat durable et rentabilité économique pour la viabilité d’une entreprise. Mais pour parvenir à parler de responsabilité sociétale d’entreprise à des personnes qui sont avant tout dans la recherche d’un emploi, il a d’abord fallu développer des outils de formation, de sensibilisation et d’accompagnement»

Groupe One a développé pour cela différentes stratégies. D’une part, au travers de son projet EcoToolKit, l’association propose des outils d’éco-gestion : « on aide des entreprises dont les activités ne sont pas nécessairement axées sur le développement durable à intégrer les aspects environnementaux, tels que la gestion des déchets ou les économies d’énergie, pour se différencier de leurs concurrents. » À côté de cela, le projet EcoInnov permet d’accompagner des porteurs de projets dans leur recherche d’une idée d’affaire dans le domaine du développement durable. Dans le prolongement de ces actions, Groupe One fait de la veille et de la sensibilisation, notamment auprès des écoles, mais aussi de l’animation économique : « On stimule l’économie dans les filières vertes : ces 5 dernières années, on a beaucoup creusé celle de l’alimentation durable en lien avec l’agriculture urbaine. » Son centre d’entreprises à Saint-Gilles héberge notamment un projet d’aquaponie (culture de légumes en symbiose avec l’élevage de poissons), une serre potagère pilote, un projet de production de champignons sur marc de café et un élevage d’insectes. 

Groupe One accompagne environ 75 créations d’entreprises par an, et environ 10 fois plus de porteurs de projets. Si son action s’est étendue en Wallonie en 2005, mais aussi, à l’international, notamment au Congo, l’organisation connait les difficultés propres à tout projet pionnier : « Groupe One parle d’économie circulaire depuis 10 ans, mais cette notion n’est arrivée dans les médias et à l’agenda politique qu’il y a 2 ans. Ce décalage fait que nos moyens ne sont jamais aussi élevés que nos ambitions. On doit toujours se démener pour convaincre le bailleur de fonds. On est financés à 90 % par le public mais ce serait la même chose dans le privé. Beaucoup de gens disent encore que l’agriculture urbaine ne servira jamais à nourrir la population. Nous, on est convaincus qu’au-delà de contribuer à la production alimentaire locale, elle permet de faire créer de l’emploi pour des personnes peu qualifiées, mais également de rattacher les personnes à la terre, et donc de sensibiliser à ce que l’on consomme. »

 

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Caroline Bini

Catégorie: Toute l’histoire

Partagez: