Le changement par l’écoconsommation

Se nourrir, se vêtir, nettoyer sa maison, jardiner ou encore voyager : notre vie quotidienne a un impact sur l’environnement. En 1991, réunis par cette conviction, le Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs, Inter-Environnement Wallonie et Espace Environnement créent le Réseau Éco-consommation. Ces associations, les unes dans le domaine de l’environnement, les autres en matière de protection des consommateurs, unissent ainsi leurs expertises pour encourager des comportements et des modes de consommation respectueux de l’environnement et de la santé.

Depuis 2003, le Réseau Éco-Consommation s’est structuré sous forme d’asbl. Si son nom s’est raccourci, les missions d’écoconso se sont élargies au fil du temps, pour s’adapter aux évolutions de la société : « Au début, explique Ann Wulf, responsable communication au sein d’écoconso, l’enjeu était surtout la prise de conscience : on devait expliquer pourquoi il faut consommer moins et mieux, ou encore des notions telles que le réchauffement climatique ou l’empreinte écologique. Aujourd’hui, la plupart des gens sont conscients que leur mode de vie et de consommation joue sur cette empreinte, et sont dès lors plutôt en recherche de solutions concrètes. » 

Apprendre aux gens à se poser des questions sur leur mode de consommation, c’est une chose, mais ensuite le plus dur reste à faire : il faut les aider à changer concrètement leurs habitudes. « C’est ce qu’explique notre slogan, ‘Du conseil à l’action’. Un citoyen qui a un boulot, une famille, une vie bien remplie ne dispose pas de beaucoup de temps pour analyser les étiquettes des produits. C’est là qu’on intervient, avec des infos étayées et objectives mais aussi avec la difficulté de devoir comparer des choses qui ne sont pas forcément comparables et simplifier des sujets assez complexes ». Avec le temps, l’offre de produits alternatifs, qu’ils soient bio, écologiques ou équitables, s’est multipliée, et le rôle d’écoconso est progressivement devenu celui d’un facilitateur de choix. « Face au foisonnement de labels, par exemple, il est difficile de s’y retrouver. Il est aussi devenu nécessaire de pouvoir mettre le doigt sur le greenwashing : cette pratique commerciale qui s’est largement répandue consiste à utiliser des arguments environnementaux souvent trompeurs pour vendre des produits qui ne sont pas, la plupart du temps, aussi verts qu’ils le prétendent. » Pour répondre à cette nécessité d’aide au décodage, écoconso mène des campagnes thématiques annuelles et propose des outils comme des fiches-conseils, ainsi qu’un service-conseil par téléphone et e-mail : « N’importe qui peut recevoir gratuitement une réponse à sa question dans tous les sujets qui touchent à la consommation, à l’environnement, et à la santé. Cet outil nous permet aussi de suivre en continu les préoccupations des consommateurs. »

Les enjeux pour écoconso sont désormais de pouvoir continuer à informer gratuitement les citoyens de poursuivre l’action entamée d’une part avec les collectivités publiques et  d’autre part avec certains publics précarisés : « On travaille, par exemple, en partenariat avec des CPAS et des services de médiation de dettes. L’écoconsommation n’est pas un truc de bobo, élitiste. Consommer différemment peut générer des économies mais c’est aussi un facteur de santé et de bien-être ! »

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Ann Wulf

Catégorie: Toute l’histoire

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