Consommer de façon plus responsable

Vers quelles solutions se tourner quand on veut consommer de façon plus responsable ? À partir des années 2000, les initiatives se sont multipliées. Mais les groupes d’achats et potagers collectifs, les Repair Cafés, les donneries et les systèmes d’échange alternatifs manquaient encore de visibilité… Depuis 2010, le Réseau des Consommateurs Responsables a entrepris de mieux les faire connaître aux citoyens. « On a commencé par recenser toutes les initiatives qui existent en Wallonie et à Bruxelles », explique Bénédicte Allaert, chargée de projet au sein de l’asbl RCR. « Sur base de ces données, on a pu créer une carte des initiatives. Cet outil, présenté dans des lieux publics, permet à tout citoyen de visualiser d’un coup d’œil quelles options de consommation alternative s’offrent à lui dans son environnement quotidien et local. » Modernité oblige, la cartographie a aussi été mise en ligne sur internet, où sa mise à jour est réalisée de manière permanente.

Au travers de ce travail, le RCR vise aussi à mettre les initiatives en réseau pour les dynamiser. « L’idée n’est pas de proposer un modèle unique, mais au contraire, de montrer leur grande diversité pour favoriser des échanges de bonnes pratiques. Cela permet de soutenir les initiatives existantes et d’en stimuler de nouvelles ! » Car le monde de la consommation responsable évolue constamment. Certains groupes d’achats collectifs diversifient leur offre parfois jusqu’à permettre à leurs membres de devenir autonomes vis-à-vis de la grande distribution. D’autres évoluent vers le modèle de l’AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), pour être davantage solidaires des producteurs en s’engageant à écouler toute leur production. À Marche-en-Famenne, le SEL (système d’échange local) fonctionnait tellement bien que le groupe qui l’anime a décidé d’organiser une donnerie qui, lors de sa quatrième édition, a accueilli plus de 1500 visiteurs. « Les initiatives se nourrissent entre elles. Chaque réussite permet de remobiliser des énergies en attirant de nouvelles personnes dans ces dynamiques locales. »

Alors qu’en 2015, la cartographie en ligne du RCR a atteint les 1000 initiatives recensées, son nouveau défi est à présent de parvenir à toucher les publics fragilisés. « On observe qu’une partie importante des personnes qui participent aux initiatives appartiennent globalement à une classe moyenne déjà sensibilisée. C’est ce profil social que l’on retrouve en particulier dans les groupes d’achats communs. Les réseaux d’échanges de biens, de services et de savoirs, ou encore les potagers collectifs attirent un public un peu plus diversifié. Mais il reste encore du travail pour parvenir à une vraie mixité sociale. » Dans cette optique, l’association vient de démarrer à Namur un projet d’échange avec des acteurs sociaux locaux. Des bénévoles du RCR participent aussi dans la même optique au développement de BEES Coop, un projet de supermarché coopératif et participatif à but non lucratif. L’idée est que les clients-coopérateurs donnent de leur temps dans leur supermarché pour avoir accès à des produits locaux en circuit court et à bon marché. Il y aura aussi différents niveaux de prix en fonction des revenus. « Ce sont des modèles économiques pilotes qui participent à leur façon à la réflexion autour des questions de l’autonomie, du lien social, et des moyens de sortir de la crise ».

 

 

© Photos: Collectif Huma

Nom du citoyen: Bénédicte Allaert

© Textes: Isabelle Masson

Catégorie: Toute l’histoire

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