Adrien Berlandi, 19 ans, « COY11 »

OUI NOUS AVONS UN POUVOIR, JE CROIS ; NOUS L’AVONS OUBLIE !

Nous sommes en 2016, nous sommes la génération successeuse des révoltes des temps passés. C’est à nous, oui, à nous qu’a été confié l’avenir du Monde. L’Avenir, au sens le plus noble, le plus beau. L’Avenir comme ce qui nous précèdera, comme cette lourde tâche d’être exemplaire, exemplaire par rapport aux générations qui nous précèdent. Exemplaire par rapport à leurs luttes, à leurs combats. Exemplaire car c’est à nous de ne pas rester simples successeurs des victoires passées mais bien ambassadeurs des victoires de demain et des luttes d’hier ! Ambassadeurs, mais aussi Innovateurs dans le Monde qui est le nôtre, innovateurs pour faire des faiblesses d’aujourd’hui, nos luttes, nos forces de demain ! Nous ne sommes pas désinvestis comme on aime le penser, comme on aime le voir, et même si on se complait à scander que nous n’y pouvons rien, que nous ne sommes rien face aux enjeux mondiaux, quels qu’ils soient ; économiques, environnementaux, sociaux, politiques, nous sommes plus que jamais précurseurs de notre Avenir. Nous sommes empli de pouvoirs, nous sommes investis de droits, nous sommes incarnés d’indignations et de luttes !

Alors oui, OUI, l’Avenir, l’Avenir comme notre Demain, comme nos 40 ans qui viendront, comme notre vie qui s’égrènera au fil du temps, comme notre famille qui se construira, comme l’enfant que nous porterons dans nos bras, comme le métier qui nous fera vivre, comme nos idées qui nous représenteront, comme nos rêves qui se réaliseront, comme nos choix qui se forgeront en nous, comme notre Liberté que nous préserverons, comme nos luttes que nous animerons !

OUI ! Nous somme la génération Bataclan, la génération Charlie. OUI ! Nous sommes la génération qui subit de plein fouet la crise, comme on aime nous le rappeler, oui, nous sommes cette génération emblème de la société de consommation, OUI cette génération des Iphones 10, des tablettes, OUI cette génération de marques, de l’image de marques que nous scandons. OUI ! Nous sommes la génération qui a vu s’intensifier le terrorisme. OUI ! Nous sommes la génération du symbole et de l’image, de la guerre au Mali, en Syrie, en Irak, de l’euro, du capitalisme, de la mode, de la publicité, de la télévision, la génération d’internet, du slogan, des mensonges, des peurs, des renouveaux de haines, des larmes, des films catastrophes, des dérives, de la déforestation, de l’extinction de masse, de la culture intensive, de la crise des réfugiés. OUI, OUI nous sommes tout cela ! Et alors ? Nous sommes aussi la génération de la découverte, la génération du changement, du commerce équitable, la génération des nouveaux modèles écologiques, des ampoules basses consommations, la génération du bio, la génération qui innove, la génération de la prévention, du coeur artificiel, du remède contre le SIDA, de l’avancée des soins contre les maladies, de la médecine régénérative, la génération du dépistage, de lunettes pour aveugles, des remèdes des maladies orphelines, de la proche fin d’Alzheimer, une génération de la chasse au gaspillage, de la fin de l’huile de palme, des voitures électriques, des panneaux solaires, de l’éolien, des énergies renouvelables, la génération de la COP 21 aussi, la génération des combats, des points de vues, la génération de l’expression, de la pugnacité, la génération des

luttes, des changements, la génération des indignés et des révoltés, des exaltés et des insolents, des réfléchi et des fières, OUI, OUI, OUI, nous sommes aussi tout cela, et surtout d’ailleurs, OUI, aussi la génération de la culture, de la créativité, de l’innovation et de l’expérimentation nous sommes la génération d’ouverture au changement, nous sommes tout cela ! Alors n’ayons pas peur, nous sommes la génération des presque 8 milliards d’Hommes, mais surtout autant de graines de conscience en plus, autant de nouvelles personnes pour insuffler le changement de demain, autant de Martin Luther King, autant de Nelson Mandela, de Gandi, de Jean Moulin, autant d’indignés et d’innovateurs, d’artistes et de créateurs, de poètes et de prix Nobels, autant de solutions…

Alors OUI ! Oui, exemplaire.

Oui, car même si la déclaration universelle des droits de l’Homme, nous donne un ensemble de droits, il convient à chacun de prendre ses initiatives, de se forger des principes, d’avoir des valeurs, et, car même si cette déclaration ne nous donne pas de devoirs, il devrait en avoir un auquel nous devrions plus que tout nous confronter, valeur venu tout droit du Conseil National de la Résistance : la faculté et le pouvoir d’Indignation ! S’indigner, non pas s’indigner de tout, trouver son motif, sa cause, ses combats, ses valeurs vers lesquels nous nous sentons emportés, et ne pas rester béat. Comme le disait Stéphane Hessel : « La pire des attitudes est l’indifférence, dire : « Je n’y peux rien, je me débrouille ». En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables : la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence. » La politique, la planète, les inégalités, l’argent ou la consommation, la pauvreté, arrêtons de se complaire dans cette passivité, cette passivité qui nous plait, dans laquelle nous aimons nous sentir faibles car cela nous arrange, celle qui consiste à remettre systématiquement sur le dos du politique les dérives d’aujourd’hui, celle qui consiste à critiquer plutôt que de proposer, celle qui consiste à dénigrer plutôt que de comprendre, celle qui prend des airs de « je n’y peux rien », « de toute façon à quoi bon ? », « un de plus ça changerait quoi ? ». Ça changerait quoi ? Et si ça changeait le monde ? Et si, et si Mandela avait dit la même chose, vous l’entendriez : « Et si je combat l’Apartheid, si tout seul je le combat, ou même à 2, à 6, ça changerait quoi ? A quoi bon 27 années d’emprisonnement, ça ne changerait de toute façon rien ». Et oui, si il avait pensé ça, ne serait-ce qu’un instant, si ils avaient pensé ça, ne serait-ce qu’une seconde aurions-nous aboli l’Apartheid, l’esclavage, les inégalités des noirs sous Luther King et Parks et tant d’autres combats ? Il y a aujourd’hui de part et d’autre dans le monde, des Parks, des Luther King, des Mandela, des Aung Sang Sue Ki, des abbés Pierre, des Boyan Slat. L’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé…

Alors l’exemplarité, exemplarité de ne pas prendre pour acquis ces luttes, mais de croire en ses rêves, de croire en son pouvoir, de faire honneur à nos droits, honneur à ce qu’a été avant nous leurs valeurs et leurs combats, alors OUI, OUI un devoir d’exemplarité, d’engagement et de responsabilité !

OUI NOUS AVONS UN POUVOIR, CELUI D’OUVRIR LES YEUX !

Comment ne pas s’indigner lorsque l’on sait qu’une pomme de supermarché subit 24 traitements pour être telle que l’on nous la présente en supermarché, comment ne pas rugir de colère lorsque l’on voit que les pesticides que l’on utilise provoquent de graves lésions chez les enfants, allant même jusqu’à l’autisme, des cancers chez les Hommes, et que ces lobbies ne cessent de scander qu’ils créent tout pour nous protéger, comment ne pas sauter en l’air en voyant l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, comment ne pas hurler devant les ravages de l’huile de palme, devant les tortures de l’élevage intensif, devant les Nuggets de MacDo, le RoundUp de Monsanto, comment ne pas pleurer devant l’esclavage et le dénigrement humain des salariés de Nike, Adidas, Nestlé ?

Nous avons un pouvoir, celui d’ouvrir les yeux. Nous avons des pouvoirs. Nous avons un pouvoir, le plus grand de tous, celui d’être à la base de notre société, celui de réguler la demande donc de réguler l’offre ! Celui de choisir, choisir de dire non, choisir de dire oui, choisir d’être actif, choisir de se dire que nous sommes la pierre qu’il manque dans l’édifice humain, celui de se dire que nous pouvons, chacun, faire quelque chose pour la société, pour les SDF, contre l’esclavage, la torture, la malbouffe dans l’industrie de la viande, l’empoisonnement de Monsanto. Nous sommes face à nos choix, nous sommes ce que nous achetons. Boycottons. L’alternative est là, prête à nous tendre les bras. Parlons, indignons-nous. Les oreilles attentives sont là, prêtent à entendre et à écouter. Responsabilisons-nous ! Chacun attend le premier pas, poussons nous, ensemble, pour que ce ne soit pas un ras de marrée qui nous ensevelisse mais bien une marée humaine de citoyens prête à changer, prête à prendre les choses en main, à faire sa part, nécessaire et irremplaçable dans la grande utopie du Monde de Demain ! A ne plus se complaire dans une passivité plaisante mais à, une bonne fois pour toute réagir face aux valeurs qui sont nôtres, à donner un repas à un SDF, à boycotter Monsanto, à s’interdire Nike ou Adidas, à consommer moins (de viande par exemple) mais mieux, à s’indigner, à acheter équitable, à privilégier les transports en commun à la voiture, à préférer le bio à l’agriculture intensive, à s’engager comme on aimerait voir les politiques s’engager, car la critique ne mène pas à grand-chose, n’oublions pas que c’est nous qui construisons le Monde, que c’est nous qui construirons le Monde, que c’est nous le début du changement et que c’est, avant toutes choses, avant quiconque, à nous de changer ! N’oublions jamais « Soyons le changement que vous voulez voir naître dans le monde », oui, « Personne n’a la responsabilité de tout faire, mais chacun doit accomplir quelque chose », Henry David Thoreau.

Nom du citoyen: Adrien Berlandi

Catégorie: Toute l’histoire

Partagez: