ADESA

Comment mieux préserver les plus beaux paysages ? Cette question fait partie des préoccupations de l’asbl Action et Défense de l’Environnement de la vallée de la Senne et de ses Affluents, depuis sa création en 1971. En défendant le Bois de la Houssière, menacé par des sablières, les membres fondateurs d’ADESA ont découvert la difficulté inhérente au caractère subjectif de l’appréciation de la beauté des paysages. « À l’époque, ils n’ont réussi à sauver que partiellement ce site », explique Anne de Saint-Hubert, une des coordinatrices actuelles de l’association. « Mais ils ont poursuivi leur travail de défense sur d’autres sites d’intérêt paysager menacés. » En 1981, ADESA parvient à contrer la première tentative d’inscription de la route express Ittre-Quenast au plan de secteur. La victoire n’aura qu’un caractère provisoire : ce projet a fait longtemps partie des fantômes qui hantent les débats de l’aménagement du territoire en région wallonne. Mais avec ce dossier, l’association a pleinement mesuré les enjeux qui entourent les modifications des 23 plans de secteur couvrant la région wallonne. Ces documents qui définissent pour chaque parcelle de terrain une affectation particulière (habitat, activité économique, industrie, agriculture…) constituent, depuis leur élaboration entre 1977 et 1987, le principal outil de l’aménagement du territoire.

En 1992, ADESA gagne un recours au Conseil d’État contre une procédure de modification partielle du plan de secteur de Nivelles tentant d’inscrire un site en zone d’extraction alors que ce dernier se trouve dans un périmètre d’intérêt paysager. « Cette victoire bloquait la création de nouvelles sablières dans des zones agricoles protégées par un intérêt paysager. Le Ministre en charge de l’aménagement du territoire a alors décidé qu’il était temps de revoir les plans de secteur, parce qu’il avait été prévu à l’origine de le modifier tous les 10 ans et que ça n’avait encore jamais été fait. » C’est dans ce cadre qu’ADESA s’est vue proposer cette année-là un mandat pour l’inventaire des périmètres d’intérêt paysager et des points-de-vue remarquables de la région wallonne. « On a un peu hésité, puis on s’est dits que c’était une opportunité à saisir pour diminuer la subjectivité de l’appréciation paysagère en lui donnant une dimension participative. On était en avance en cela sur les recommandations de la Convention européenne des paysages, ratifiée en 2000 à Florence. »

Pendant les 3 premières années de ce travail, ADESA a fait appel à d’autres associations du Brabant Wallon pour élaborer de façon conjointe une méthodologie permettant de choisir des critères d’appréciation applicables à l’ensemble de la région wallonne. Une fiche de terrain a été créée, testée, puis améliorée au cours d’un processus suivi par un comité d’accompagnement. En 1995, une fois ce travail terminé, ADESA a commencé à repasser chacun des plans de secteur de Wallonie à la loupe de cette méthodologie.

« Ce travail approche de sa fin. Les inventaires déjà terminés peuvent déjà servir d’outil d’aide à la décision dans les choix d’aménagement du territoire mais ils n’ont encore qu’une valeur d’argumentaire. Pour acquérir une valeur réglementaire, il faudrait que les périmètres dits « ADESA » soient entérinés par une révision globale des plans de secteurs. Or, en raison d’enjeux fonciers importants, personne ne sait encore quand ce chantier énorme sera entrepris ! »

 

 

© Photos: Collectif Huma

© Textes: Isabelle Masson

Nom du citoyen: Anne de Saint Hubert

Catégorie: Toute l’histoire

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